J’ai le plaisir de m’entretenir avec Isabelle Berthé, sophrologue exerçant en région parisienne, et présidente du Syndicat des Sophrologues Professionnels. Mais pas que. Rencontre avec une femme de cœur.
Février 2021
Sophrologue en exercice depuis 2009, Isabelle Berthé est également connue dans le monde de la sophrologie en regard de sa fonction de présidente du Syndicat des Sophrologues Professionnels (SSP).
C’est donc tout autant la femme, la sophrologue que la présidente que je rencontre aujourd’hui, afin de permettre aux lecteurs de mieux la connaître et de comprendre le sens de son action syndicale.
Bonjour Isabelle, pouvez-vous nous parler de ce qui vous a menée à la sophrologie ?
Et bien … il se trouve que je suis fortement migraineuse, une situation chronique qui occasionne des douleurs dont je souffre depuis de nombreuses années. Il y a environ quinze ans, après de multiples consultations de spécialistes en privé et dans le milieu hospitalier, le diagnostic tombe ! Je suis « multi-migraineuse », ce qui rend très difficile l’obtention d’un résultat et conduit les médecins à me prescrire des médications lourdes.
Les thérapeutiques auxquelles je suis soumise génèrent une prise de poids importante sans m’apporter un véritable soulagement. Je décide donc de dire stop et je consulte dans un premier temps un hypnothérapeute.Le travail que nous faisons ensemble ne soulage pas mes migraines mais il me fait prendre conscience de mon chemin de vie. Dans l’espoir d’obtenir un meilleur résultat, je m’oriente alors vers la sophrologie.
Y avez-vous trouvé une solution durable ?
J’y ai obtenu un apprentissage, celui du calme. Vivre un état de calme, générer un état de calme, savoir l’installer et le maintenir… Ce fut, et c’est toujours, une aide précieuse, même si la réponse apportée à mes douleurs migraineuses n’est hélas pas définitive. Mais ce fut surtout l’occasion de poursuivre le travail entamé de compréhension de mon chemin de vie, pour éclairer ma propre biographie, comprendre mes comportements et orienter mes choix dans le sens de mes valeurs, elles aussi redéfinies.
À quel moment décidez-vous de vous former à la sophrologie ?
Au moment de ma rencontre avec la sophrologie, j’avais déjà tourné une première page professionnelle, celle de près de vingt années passées en agence de publicité et dans le domaine de la presse à des fonctions en ressources humaines. À l’issue d’une reconversion professionnelle, j’étais devenue assistante maternelle agréée, un métier que j’exercerai cinq années durant.
À l’époque je suis maman d’une petite fille de trois ans et, malgré mon désir de donner la vie à nouveau, je ne peux avoir de deuxième enfant. Au cours de mon suivi sophrologique, je comprends que cette fonction d’assistante maternelle me permet en fait d’effectuer le deuil de ma fonction d’enfantement. Se pose alors pour moi la question du devenir professionnel conçu comme une réalisation de soi.
J’ai toujours été attirée par l’humain, le social et la relation d’aide. Tout naturellement vient naître alors le désir d’être sophrologue, une pratique qui m’a tellement apporté ! Lors de ma dernière année d’exercice en tant qu’assistante maternelle, je commence à me former au métier de sophrologue avec la ferme intention d’exercer.
Je crois que c’est à ce moment précis que remonte votre premier contact avec le syndicat professionnel ?
Exactement ! À l’époque je le contacte pour être conseillée sur le choix d’une école, car j’en ai sélectionné… quinze ! Le syndicat me communique alors une liste de critères à prendre en considération dans mon choix. Sur cette base, j’en retiens trois que je contacte, puis je décide de me former au CEAS (crée et dirigé à l’époque par le docteur Luc Audouin), car j’apprécie grandement l’accueil qui m’est réservé et les réponses formulées à mes questions.
Décidez-vous de vous spécialiser, dans la prise en charge des douleurs chroniques par exemple ?
Oui, en effet. Je me suis installée en janvier 2009 et j’ai complété ma formation par des spécialisations dans la prise en charge de la douleur, des problèmes de sommeil et des acouphènes. Je suis d’ailleurs membre du pôle sophrologie et acouphènes.
Par ailleurs, je suis très concernée par la prise en charge des malades du cancer et j’ai également obtenu un DU « Douleur en oncologie » à l’université Paris Saclay en 2011. Et je me suis également spécialisée au monde de l’enfance auquel je suis très attachée ; je suis aujourd’hui membre du Réseau national des Sophrologues à l’École (RNSE) depuis 2019.
Enfin, plus récemment, j’ai obtenu un diplôme de médiatrice judiciaire et conventionnelle, qui conforte ma posture de sophrologue en s’appuyant sur les qualités d’écoute nécessaire en médiation.
Quel dynamisme et quel parcours ! Il me semble qu’il y a de la passion dans votre investissement !
Oui. Je suis une femme de conviction, investie et passionnée.
Comment en êtes-vous venue à intégrer le Syndicat des Sophrologues Professionnels ?
Dès mon installation en 2009, j’adhère au SSP qui m’avait aidée dans le choix de l’école, et en 2014 un appel à candidature est lancé : je me propose et je suis élue, puis rapidement nommée vice-présidente. Dans l’exercice de mon mandat, je prends en charge différents dossiers, puis je prends la présidence par intérim en 2017 et je me vois confirmée dans mon mandat de présidente en 2018.
Les récentes élections de 2021 m’ont reconduite dans cette fonction jusqu’en 2024, mais elles ont surtout permis d’étoffer le conseil, ce dont nous avions besoin pour mener à bien les nombreuses missions en cours et à venir. Le conseil est donc aujourd’hui composé de sept personnes, dont trois membres du bureau et quatre administrateurs.
Isabelle, pouvez-vous rappeler à nos lecteurs ce que sont les fonctions de ce syndicat professionnel ?
Le syndicat représente la profession auprès des pouvoirs publics pour défendre le métier de la sophrologie ET les sophrologues qui l’exercent. Aujourd’hui, de nombreux chantiers sont en cours, dont celui relatif à la norme Afnor, mais aussi auprès de l’Union nationale des professions libérales – Île-de-France (UNAPL), dans diverses commissions dont celle de la qualité de vie au travail, qui justifient que l’on s’implique tous à définir des prérequis pour notre profession permettant d’en défendre une certaine vision et de la promouvoir.
Pourquoi cette mission vous tient-elle à cœur ?
Le SSP est le syndicat historique de la sophrologie. Créé par Bernard Santerre, il est encore aujourd’hui animé par les valeurs qu’il a lui-même transmises : l’exigence de bases solides dans la formation à ce métier, une posture de relation d’aide et un maître mot, celui d’intégration. Intégrer, cela implique de vivre l’expérience avant de la transmettre. C’est promouvoir une sophrologie expérientielle et « vivantielle » selon le néologisme de Caycedo. Cette vision de la sophrologie, si chère à mon cœur, est partagée et défendue par le SSP et le conseil qui le compose.
Merci infiniment Isabelle pour cet interview. Avez-vous un mot de conclusion ?
La sophrologie me permet d’expérimenter des envies, de vivre des plaisirs et de comprendre mes comportements pour me dépasser chaque jour un peu plus !
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Site professionnel d’Isabelle Berthé
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